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Le Journaliste
: Quel jugement
portes tu sur la prestation de l'équipe de France ? Le
coach
: Une fois l'épreuve terminée, on peut se dire qu'on
a fait une belle coupe du Monde parce que nous au moins on a battu
les Coréens, chose que n'ont fait ni les Portuguais, ni les
Espagnols, ni les Italiens ! Plus sérieusement, on doit tous
se sentir responsable de cet échec. Il ne concerne pas que
les joueurs. Tout ce qui gravite autour de l'Equipe de France
a nuit aux joueurs. Ceux-ci se sont vus plus beaux qu'ils n'étaient
en réalité et ont manqué d'humilité,
chose qu'il ne faut surtout pas faire en sport. Je crois que la
préparation a été axée sur le deuxième
tour, en faisant abstraction du premier. Autant en 1998, on pouvait
battre l'Afrique du Sud et l'Arabie Saoudite en jouant en marchant,
autant cette année ce n'était pas possible avec des
équipes comme le Danemark, l'Uruguay et des Sénégalais
qui allaient, et c'est logique, être remontés comme
des coucous pour nous affronter. Ajouté à cela un
peu de malchance, une décision arbitrale défavorable
(la non expulsion de Dario Silva, car je ne conteste nullement celle
de Henry), et voila 23 bleus qui auront au moins trois semaines
de vacances cet été !
Le Journaliste
: Quelles sont les révélations de ce tournoi ? Le
coach
: Je ne parlerai pas de révélations, mais de confirmations.
Ronaldo
quand il est bien en jambes, est le meilleur joueur de la planète.
De retour de blessure, il a un état de fraîcheur comme
n'a eu aucuns des autres participants. La faiblesse des adversaires
du Brésil lui a permis de monter en puissance tranquillement. Ensuite
Oliver
Kahn a transformé
une petite Allemagne en finaliste. Dommage qu'il commette cette
erreur en finale, car le Brésil était fébrile.
Enfin je citerai Rivaldo.
Même si c'est un individualiste-né dans un sport
collectif, il a des talents de buteur exceptionnels. Le marché
des transferts ne va pas s'emballer après l'épreuve.
Seuls les Turcs et les Coréens pourront gonfler leur compte
en banque.
Le Journaliste
: Parlons maintenant des déceptions Le
coach
: L'Equipe de France dans son ensemble ! Seuls Fabien
Barthez et Emmanuel
Petit ont fait
honneur à leur maillot orné de l'étoile. Plus
particulièrement David
Trézeguet
trop individualiste (frappe sans angle au lieu de servir Sylvain
Wiltord alors que c'est une balle de qualification. Si on n'a pas
la notion d'équipe dans un cas pareil, c'est normal d'être
rapidement dans l'avion). Thierry
Henry, lui veut
à tout prix jouer dans l'axe. Mais avec l'absence de Robert
Pires, il est
le seul à pouvoir faire la différence sur le côté.
Si ce poste ne lui plait pas, il le dit et c'est un autre joueur
qui enfile son maillot. Un maillot de champion du Monde ça
se respecte ! On a beaucoup critiqué Stéphane Guivarc'h
en 1998. Effectivement, il n'a pas marqué mais il a effectué
plus de kilomètres dans le replacement défensif que
Henry-Trézeguet réunis ! Enfin Luis
Figo. Je crois
qu'il a du mal à vivre dans l'ombre de Zinédine
Zidane.
Le Journaliste
: Et le Brésil dans tout ça ? Le
coach
: Vu tout ce qui s'est passé, sa victoire devenait nécessaire
pour le football. Cela dit, c'est un petit champion d'une faible
coupe du Monde. Champion du Monde en ayant battu successivement
la Turquie, la Chine, le Costa Rica, la Belgique qui l'a malgré
tout malmené, l'Angleterre sur un coup-franc manqué,
la Turquie à nouveau et une Allemagne en reconstruction,
ça me laisse sur ma faim.
Le Journaliste
: La France n'a plus de sélectionneur, tu n'es pas candidat
? Le coach
: Oh j'ai bien peur que ma façon de voir les choses ne soit
pas compatible avec celle de la DTN. La sélection a besoin
d'une remise en cause importante. La meilleure solution est de prendre
un technicien étranger, qui vienne avec un regard complètement
neuf. La France a les moyens de s'offrir un Trappatoni, un Milutidinovic,
un Hiddink. On a encore une super génération, l'Equipe
de France peut conserver son titre de championne d'Europe. J'en
suis persuadé...
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